L’Abeille fait partie de notre patrimoine…

L’abeille domestique ou abeille à miel (Apis Mellifera) fait partie de notre patrimoine. Elle est apparue sur Terre il y a près de 100 millions d’années, on la retrouve fossilisée dans l’ambre. Il y a 8000 ans son image apparaît sur les peintures rupestres, déjà, son miel était récolté. Depuis, l’histoire entre l’Homme et l’Abeille a toujours été forte et fascinante : on la retrouve sur les hiéroglyphes de la Mésopotamie antique ainsi que celles de la Chine des premiers siècles de notre ère, sur le manteau impérial de Napoléon 1er, etc.

Elle a symbolisé l’âme, le pouvoir, la richesse, la sagesse, l’ordre.

Elle doit accompagner l’augmentation de la population humaine (plus de 9 milliards d’habitants en 2050) et ne pas être une victime de plus de cet accroissement. On a plus que jamais besoin d’elle.

abeille fossilisée dans l'ambreAbeille fossilisée dans l’ambre avec du pollen d’orchidée.

Photo : Santiago Ramirez, Université Harvard (États-Unis)


L’abeille représente un acteur essentiel et durable de notre environnement.

Elle nous alerte sur l’état de santé du milieu naturel, un peu comme un marqueur biologique.

La gestion des matières premières renouvelables serait impossible sans l’abeille.

L’abeille participe à la qualité d’un grand nombre d’espèces cultivées, sont dépendants l’un de l’autre. Sans l’abeille il n’y a pas d’agriculture durable.

L’abeille doit nous mettre en éveille dès notre plus jeune âge sur le respect de notre environnement.


Son rôle

Les plantes à fleurs existent depuis 130 millions d’années ; il s’est établi une dépendance entre plantes et insectes :

  • 80% des plantes à fleurs sont pollinisées par les insectes.
  • 85% de celles-ci le sont par des abeilles (dont 90% d’arbres fruitiers).

On compte environ 170 000 espèces de plantes pollinisées par les abeilles.

Si les abeilles venaient à disparaître on considère qu’environ 40.000 espèces à fleurs seraient en déclin.

L’efficacité pollinisatrice des abeilles est redoutable du fait de son organisation. On estime qu’une colonie peut visiter en une journée plusieurs millions de fleurs et que pratiquement les abeilles ne négligent aucune fleur.

Par son activité pollinisatrice l’abeille vient au troisième rang des animaux domestiques les plus utiles.

Source: « L’étonnante Abeille » Pr.JürgenTautz   Université Bavaroise  Julius Maximilian  Groupe BEE

rôle de l'abeille et des pollinisateurs

 


L’ABEILLE EN DANGER

Depuis quelques années, on assiste à une mortalité sans précédent des colonies d’abeilles ; de nombreuses causes ont été évoquées tour à tour, en particulier les produits phytosanitaires ou pesticides. Cependant on estime aujourd’hui que le déclin de l’abeille est attribué à une origine « multifactorielle », c'est-à-dire une combinaison de plusieurs facteurs que l’on classe selon l’AFSSA* comme suit :

  • Les agents biologiques : maladies, parasites (la varroase, les nosémoses, la maladie noire, la loque), les prédateurs tels que le frelon asiatique... (en savoir +)
  • Les agents chimiques : On dénombre environ 450 substances actives dans les quelques 5000 produits phytosanitaires ou pesticides commerciaux, dont l’utilisation selon des méthodes non autorisées est susceptible de provoquer des dommages irréversibles sur les colonies d’abeilles. (en savoir +)
  • L’environnement : les changements climatiques, la diminution de la biodiversité due principalement à l’agriculture intensive (mondialisation). (en savoir +)
  • Les pratiques apicoles : Avec la recrudescence des attaques de toutes sortes auxquelles sont exposées les abeilles la conduite des ruches par les apiculteurs est déterminante (en savoir +)
  • D’autres causes ou la conjugaison de toutes les causes : en l’absence de diagnostic étiologique, et d’étude complètement indépendante, de nombreux cas de mortalité restent à ce jour d’origine inexpliquée

On note que tous ces facteurs accumulés peuvent être dramatiques pour la survie de l’abeille. Ainsi, l’abeille affaiblie par des pesticides sera plus sensible à l’impact du varroa (sorte de tique de l’abeille) qui est aujourd’hui une des principales causes identifiées et qui est à l’origine des autres agents infectieux tels que bactéries et virus. Ou bien la monoculture, avec la disparition de nombreuses plantes sauvages mellifères, ne donne pas à l’abeille les ressources polliniques (protéine pour l’élevage du couvain et sa reproduction) et nectarifères (aliment de l’abeille) suffisantes et variées, contribuant ainsi à son affaiblissement. L’élevage sur productif de l’abeille avec le remplacement de sa réserve en miel par du sucre ou des substituts contribue à long terme à l’affaiblissement de ses défenses naturelle. On pourrait ainsi multiplier les scénarios qui conduisent à l’affaiblissement des colonies d’abeilles et à leur mort ou disparition.                    

 * Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments